La Fille de Dracula

lundi 26 janvier 2009

Jess Franco, 1972

Après les très moyennes Expériences érotiques de Frankenstein, j'avais dit que je donnerais une deuxième chance à Jess Franco et ses films vampiro-érotiques de seconde zone. Eh bien je dois dire que La Fille de Dracula ne m'a pas fait changer d'avis sur le je-m'en-foutisme mêlé de traits de génie esthétique que possède ce vieux coquin de Jess Franco. Ces films-là sont vraiment des OVNIs complètement déjantés, dont je ne peux nier les invraisemblables maladresses, mais qui exercent inexplicablement une certaine forme de fascination.

Pitch : euh ... l'histoire donc ... quelle histoire ? En fait Jess Franco se moque tellement du scénario qu'il est difficile de le résumer. En gros : Louisa, la petite fille du comte Karlstein, retourne au château familial car sa grand-mère est mourante. Celle-ci, avant d'expirer, lui révèle que, dans la famille, tout le monde est vampire de père en fils. En se rendant à la crypte familiale, Louisa est donc fort logiquement transformée en vampire par Dracula, son aïeul sans doute, qui doit avoir pas loin de 400 ans. En même temps, plein de jeunes filles sont assassinées et tout le monde dans le village soupçonne le retour des vampires qui sont apparemment connus comme le loup blanc dans ce coin-là. Bref, ça devient un peu n'importe quoi, tout le monde se vampirise à tour de bras, les filles couchent entre elles, les meurtres se multiplient et le brave inspecteur chargé de mener l'enquête est aussi perdu que l'infortuné spectateur.

Nous voici donc en face d'un film fauché, avec une histoire abracadabrante, au rythme très très lent, servi par des dialogues vraiment faibles et des acteurs dans l'ensemble plutôt mauvais. Qu'y a-t-il à sauver alors ?

Premièrement, je sauverais l'image et la mise en scène en général. Comme son cousin Jean Rollin, Jess Franco sait parfaitement composer un plan. Il faut juste qu'il en ait envie. Souvent, il s'en fout et tout cela est filmé comme un mauvais téléfilm. A d'autres moments en revanche, il est capable de composer des plans qui sont de vrais tableaux, jouant merveilleusement bien avec les mélanges de sang, de corps nus et de décor gothique. Je trouve sincèrement que le petit monde du vampirisme, avec ses codes visuels (incisives pointues, coulées de sang, érotisme affleurant), fournit une matière esthétique forte. A ces éléments récurrents, Jess Franco rajoute un amour immodéré du zoom, qui peut parfois donner un peu mal au cœur tellement il en use et en abuse, mais qui apporte une touche presque psychédélique au film.

Britt Nichols et Anne Libert, jeunes & jolies (et vampires & lesbiennes)

Deuxièmement, les actrices sont plutôt appétissantes et, vu qu'elles sont nues pendant la moitié du film, je dois avouer en toute honnêteté qu'elle contribuent fortement à l'intérêt que j'ai trouvé à ce film. La blonde Britt Nichols, qui joue la fille de Dracula, est d'une beauté saisissante, passant d'une ingénuité charmante à une cruauté carnassière terrifiante. Si je devais un jour être vampirisé, j'aimerais que ce soit par ses soins (à ce sujet, le film est assez explicite sur la vampirisation en tant que métaphore sexuelle de la perte de virginité : rite initiatique, pénétration des dents pointues dans la chair, coulées de sang etc).

On retrouve également dans La Fille de Dracula la brune Anne Libert, que j'avais plutôt appréciée en femme-oiseau-vampire dans Les Expériences érotiques de Frankenstein. Les scènes lesbiano-vampiresques qui résultent de la rencontre de ces deux belles filles sont, je l'avoue, assez réjouissantes et, croyez-le ou non, exemptes de toute vulgarité. Ça me rappelle d'ailleurs qu'un des films préférés des fans de Jess Franco est le bien-nommé Vampiros Lesbos que je rajoute du même coup dans ma to-see list.

Les mêmes, juste après la vampirisation de la deuxième par la première

Et il n'y a pas de troisièmement. Les images et les actrices, voici tout ce que je peux sauver de ce film bancal. Mais c'est déjà beaucoup : 30 secondes de La Fille de Dracula ont pour moi beaucoup plus d'intérêt que les 150 minutes d'Australia (vu ces jours-ci, un vrai carnage, l'horreur absolue).

Tin Din ! La toute première image, qui donne une bonne idée de l'amateurisme ambiant

Beau plan d'une des infortunées victimes

Britt Nichols, en robe à fleur très 70s, pénètre dans le caveau familial

Dans le rôle du secrétaire du comte Karlstein : Jess Franco lui-même !

Motif récurrent chez Jess Franco : zoom sur l'oeil du bourreau/voyeur, prêt à frapper, ...

... souvent suivi d'un plan sur la victime hurlante qui voulait juste prendre une nuisette dans son armoire

Pour finir, un plan champêtre de la belle Britt Nichols, dans le parc du château maudit

Plein d'autres photos de La Fille de Dracula sur mon album flickr (réservé à un public averti).

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2 commentaires:

Dario a dit…

ah ce bon vieux Jess Franco !
oh, une photo d'Howard Vernon :p

Marivaudage a dit…

Ah Howard Vernon, c'est effectivement un mythe bien qu'il ait un rôle vraiment ridicule dans La Fille de Dracula : il fait que se redresser de son cercueil (2 fois) et montrer son beau smoking et ses incisives.

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