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Holiday

mercredi 7 avril 2010

Vacances
Georges Cukor, 1938


Hésitant entre ce film et Les Poings dans les Poches qui a l'air pas mal mais un peu plombant, j'ai demandé conseil à l'ouvreuse : "Bah je sais pas trop, Holiday c'est une comédie ...". Banco alors. Je l'ai crue, la menteuse d'ouvreuse, Holiday n'est pas selon moi une comédie, en tout cas pas une screwball comedy, comme le laissait entendre son casting (Cary Grant + Katherine Hepburn). J'ai peu ou pas ri. Les scènes sensément drôles ne le sont pas vraiment et les dialogues ne sont pas aussi étincelants que chez Lubitsch ou McCarey.

En fait voilà, Holiday m'a plutôt fait penser à une fable à la Capra, à savoir une histoire trop belle pour être vraie mais suffisamment bien foutue pour qu'on soit touché par l'universalité du propos. Le propos ici, c'est "Trace ta route, suis ton chemin, écoute ton corps, écoute ta soif" (en gros). Avec une happy end à la clé.

J'avoue avoir été vraiment ému par la scène du réveillon pendant laquelle Cary Grant et Katherine Hepburn, après avoir joué au chat et à la souris depuis le début du film, se retrouvent seuls, silencieux, soudain maladroits, réalisant enfin à quel point ils sont destinés l'un à l'autre et ne sachant comment passer à la suite, bloqués par les convenances sociales.

Cary Grant est comme toujours parfait mais la vraie étoile de ce film est évidemment Katherine Hepburn, d'une classe et d'une vitalité folles. A tomber. Personnage intéressant du frère, alcoolique, touchant, faible et prenant toujours la tangente - le genre de caractère très humain auquel il est si facile de s'identifier. Très bon film au final, je n'ai pas insulté l'ouvreuse en sortant.